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01/02/2014

PAYEZ-VOUS SA TRONCHE BREUGHÉLIENNE !

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PAT L’IRLANDAIS !!!

La créature monumentale de Bonelli & Galep

Souvenez-vous, c’était dans les "petits formats" de la LUG !

Le fumetti vintage qui inspirera Trinita en veux-tu en voilà !

 C’est ici : http://lemusardeur.hautetfort.com/

Et c’est maint’nant !

pat l’irlandais, tex willer, kit carson, aurelio galleppini, francesco gamba, gian luigi bonelli

19/11/2013

FRANCHI & INGRASSIA

Je les avais vus quand j’étais petit à La Fauvette avenue des Gobelins dans 2 corniauds contre Hercule (1961) qui annonçait le magistral The Three Stooges Meet Hercules. « La loufoquerie sera convulsive ou ne sera pas ! »

En 65, ils en repassent une couche assez grasse avec A Fistful of Knuckles, emboutissage à chaud du Fistful de Leone qui triomphait alors dans les salles. Côté méchants, foin de Sieghardt Rupp mais Tito García au sommet de son art !

 

18/09/2013

BONUS

les colts de la violence,sartana,gianni garko

La vareuse bleue de Sartana

(collection Flingobis)

11/09/2013

SARTANA DE LA JAQUETTE

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Kurt Bridel décrit ainsi l’accoutrement de Garko dans Les Colts de la Violence : un vieux polo pourri (c’est amusant ça !) et une veste de l’armée. Oui, mais de quelle armée ?

La vareuse en drap de laine bleu foncé, à double rangée de boutons de cuivre, que revêt cérémonieusement Sartana lorsqu’il part mettre à sac, m’a tout l’air d’une jacket d’enfoiré nordiste ! La passementerie n’en est pas folichonne mais ça reste quand même plus sexy qu’un long frock. Deux étoiles à l’épaulette marquent son rang de général. Il ne porte pas de guêtres rouges mais cependant, si on cherche à l’insérer un tant soit peu à la réalité historique, j’incline à penser que c’est un jayhawker pur et dur, un fanatique unioniste qui, avec sa smala de coupe-jarrets, emmerde (le mot est faible !) les malheureux planteurs alentour…

Ah zut un anti-esclavagiste qui fouette les muets, ça la fout mal ! C’est très vilain, même si le muet en question (Jerry Wilson) n’est que blanc.

Voilà sans doute pourquoi la tunique bleue de Sartana vire à l’ocre butternut sur l’affiche du film, le connotant brigand confédéré. Political correct-nénesse oblige. Et cette fois, la poussière de la piste n’y est pour rien.

Je sais, c’est pas le genre de détails qui interpellent les Bridel et compagnie. En dehors de gaver le monde avec leurs interminables énumérations, ils sont bons à rien.

 

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Un border ruffian qui aurait pu être Sartana

26/01/2013

GORDON MITCHELL OU LE DIABLE DANS LA GLACE

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À trop se regarder dans un miroir, on finit par y voir le Diable…

 

Sartana, si ton bras gauche te gêne, coupe-le !, c’est bien entendu Coriolano Gori et sa partition rapetassée qui gode aux entournures, c’est Benito Pacifico supervisor des castagnes et Dick Spitfire qui n’atterrit jamais…

Mais c’est avant tout Gordon Mitchell, mèche plaquée or 36 carats et voix de mêlécasse, dans un de ses meilleurs rôles : Burt Kelly le baddy-buildingue frénétique à la liquette lestée de Fabulon.

Ses apparitions, bien qu’à compter sur les doigts d’une main, régulent le film qui autrement calterait en anchoïade. Chaque fois c’est du théâtre énorme, du cirque magnifique. Chaque fois (ou presque) Mitchell est en train de jouer aux cartes devant la glace, un âpre duel au poker contre son propre reflet ! Et il est pas décidé à partager le pot avec l’adversaire ! Faut voir comme il lui gueule dessus à se chopper une quinte, comme il l’envoie se coucher ! Ah, il y va pas de main morte : « Arrête de tricher salopard ou je t’éclate le minois en morceaux ! »

Burt Kelly, c’est clair, souffre d’un trouble dissociatif de la personnalité. Dans sa tanière asymétrique du côté de Tacoma, où le fruit de ses rapines s’entasse de guingois comme ce retable à géométrie caligarienne posé de traviole, il tue le temps comme il peut en attendant de passer au Mexique.

Il lui arrive de jouer avec ses winchesters les pointant vers le plafond et faisant ratatata comme s’il s’agissait de kalachnikovs. Ses cheveux sont du même jaune clinquant que le laiton des boîtes de culasse : c’est lui assurément le Yellow Boy ! Il aime bourrader ses hommes (particulièrement Paolo Rosani et Dennis Colt), shooter dans les meubles ou lutiner Simone Blondell (la grande fille de Fidani) corsetée de cuir fauve qu’il retient en otage pour couvrir sa fuite.

Mais il préfère de loin taper le carton avec son doppelgänger devant la psyché !

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Il finira par le pulvériser d’un jet de tasse, excédé par ses manipulations équivoques et ses cartes truquées. C’est système Kwaïdan ça, radical comme de lamper le fantôme qui se réfléchit à la surface du thé !

Il est un exercice borderline auquel seraient conviés les apprenants rosicruciens : se fixer longuement dans un miroir jusqu’à y voir paraître leur double maléfique, peut-être même le Diable en personne. Fidani, adepte des sciences occultes, témoigne ici en mode burlesque de cette expérience, servi par un Mitchell phénoménal qui enlève les scènes d’une traite, sans bavure, en force genre Toshirō Mifune estoquant tout un régiment en une seule prise.

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22/01/2013

WILD WEST SOLUTRICINE

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Hunt Powers et Gordon Mitchell ludions des ténèbres en suspension dans le potage fidanien, astéroïd’killers mis en orbite de mammouth par le Maître… In memoriam.

12/01/2013

PROCHAINEMENT SUR CET ÉCRAN…

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Flingobis, votre serviteur, replonge dans le monde merveilleux et naturellement décalé de Demofilo Fidani avec l'évocation express des extravagantes "mirror sessions" de Gordon Mitchell dans Sartana si ton bras gauche te gêne, coupe-le. Ah bien sûr c’est aut’ chose que les gugusseries qu'on trouve surWestern Maniac !

 

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14/10/2012

STAR CINÉ COLT SPÉCIAL LEONE

Parce que l’amitié et l’honneur sont tout ce qui nous reste à une époque où plus personne ne croit ni à la famille ni à la patrie…

Sergio Leone

 

Août 1973 : c’est la fiesta des léonins ! (léonin nous l’étions par nos crinières et notre dévotion à Sergio !) Au front des kiosques s’affichent en couleurs pétardières nos périodiques western favoris avec un contenu estival exceptionnel. Star-ciné aventures présente Le Bon, la Brute et le Truand, Star-ciné bravoure : Pour quelques dollars de plus et Star-ciné winchester : Il était une fois dans l’Ouest.

On biche comme des poux ! En ces temps vieillots et surannés où la VHS existe même pas, on est ravi de pouvoir conserver par devers soi ne fût-ce qu’un pâle reflet imprimé du Wild West sauce Leone.

 

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Ah j’oubliais ! Star ciné colt est en lice également proposant, outre Il était une fois la révolution en "ciné-roman complet", une compilation d’interviews du nouveau lion du western après Ford. On y trouve évoquées pêle-mêle ses activités d’assistant réalisateur : en 53 avec Fulci sur L'uomo, la bestia e la virtù (titre prophétisant The good the bad and the ugly !), en 59 avec Albert Cardiff et Yakima Canutt sur Ben-Hur… La même année, il reprend le tournage des Derniers jours de Pompéi abandonné par Mario Bonnard souffrant. Sergio Corbucci dirige la seconde équipe. « Ils m’ont appris mon métier ! » déclare modestement celui qui s’est vu sacré premier maître-queue du western spaghetti.

Au début des années 60, il a comme chacun sait la révélation en voyant Yojimbo : « Je me suis aperçu que ce film japonais, si éloigné de notre culture, était en fait une réflexion sur la commedia dell’arte. Et par extrapolation, que tous les mythes de l’Ouest, si chers à mon cœur de cinéphile, sortaient également de la commedia dell’arte. » Et Leone de pousser plus loin l’investigation : « Homère est le plus grand auteur de westerns de tous les temps. Tout John Ford est dans L’Iliade et l’Odyssée. »

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Au détour d’une phrase sa misogynie transparaît : « Je mets rarement des femmes dans mes films depuis que j’ai vu Règlements de comptes à O.K. Corral. Rhonda Fleming avait trois scènes. Elles ralentissaient l’action et on aurait pu les couper sans que personne ne s’en aperçoive. Je ne veux pas ralentir mes actions… » Mais aussitôt il ajoute : « Le personnage de Claudia Cardinale, dans Il était une fois dans l’Ouest, m’a semblé nécessaire. Parce que les femmes ont été la cheville ouvrière de la ruée vers l’Ouest. »

Alors misogyne tant que ça Leone ? La déclaration enflammée qui suit à son amante de prédilection témoignerait plutôt du contraire : « L’Amérique était devenue pour moi une très belle femme, aux passions incontrôlables, à la beauté mystérieuse, inaccessible. À force d’en rêver, j’ai tenté de la faire revivre en images… J’ai filmé son passé : il donnait davantage de champ à mon imagination. Elle continue de me passionner. Grâce à ses films, sa mythologie, la conquête de l’Ouest, les gangsters, les stars, font désormais partie de la culture de tout chacun. Je n’en ai pas fini avec elle… »

Dix ans plus tard, effectivement, ce sera Il était une fois en Amérique.

 

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Rod Steiger et sa famille devant l'estación d'Almeria

26/09/2012

BONUS

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Roger Pettito et Victoria Abril en 3-D dans Comin’ at ya !

(collection Flingobis)

11:00 Publié dans Spaghetti | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2012

THE STRANGER RETURNS

Déjà du temps de ma jeunesse circulait cette fable idiote de la trinité des Sergio pères fondateurs du spagh. Elle perdure toujours, tellement commode, passant à la trappe ou minorant des auteurs valeureux. Mes pieds nickelés du genre furent et demeurent Sergio le Lion, Pettito le Strange (servi par Baldi !) et Demofilo le Foutraque. Ça tient de la sensibilité personnelle, ce n’est pas une révélation d’ordre quasi divin comme la théorie des trois Sergio devant laquelle il est convenu de se prosterner.

Aujourd’hui il sera question de Pettito et du retour de son Stranger. Sans même parler des amazones, les représentations de cavaliers sous riflard abondent tout au long de l’histoire. Un bas-relief montre le roi sassanide Khosrow II chevauchant à l’abri d’un parasol. On connaît le portrait équestre du chancelier Séguier (par Charles Le Brun) escorté de ses gitons qui lui tiennent haut le pébroque.

Leone, ce visuel inspiré, poursuit magnifiquement la tradition lorsqu’il montre Tuco, mamamouchi à cheval sous une ombrelle de donzelle, avec Blondin à ses côtés qui rissole comme une pomme au four ! Nous sommes en 66. L’exemple va être suivi : Jodorowsky en 70 dans El topo, Juan Bosch en 72 dans Il mio nome è Scopone e faccio sempre cappotto… Mais le premier à avoir vaillamment emboîté le pas à Leone, c’est Pettito en 67 dans The Stranger Returns. Il scénariote et Luigi Vanzi dirige…

Un canasson bien tranquille, pas bourrin pour deux sous, foule le sable de la piste au pas espagnol, comme si c’était la Piste aux Étoiles. Il est monté par Pettito soi-même qui se protège du soleil avec une ombrelle œillet mignardise.

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L’ombrelle, c’est la touche de finesse féminine dans un monde de rustauds, la petite note douçâtre dans le ragoût saumâtre, le brin de muguet dans les cactus…

Pettito petit troll n’a pas peur d’affirmer sa part de féminité comme on dit : en plus de l’ombrelle, il porte un long johns tricoté en laine rose, dont on ne voit (manque de peau pour les dames !) que les manches effilochées au sortir du poncho.

Pettito s’en fout d’avoir l’air d’un foutriquet un peu pédé, il se sait viril poil au nombril. D’ailleurs Wayne aussi, dans Alamo, mettait des sous-vêtements monopièce de couleur gay pour faire fun, rien d’équivoque. Mais du fin fond de sa pizzeria pataphysique, plus qu’au Duke, c’est à Clint et à l’homme sans nom que Pettito a songé. Il en a repris le dépenaillement étudié, l’habilité retorse aux armes. Les queues d’ail qu’il s’applique à fumer « Can he roll a cigarette ? » ça c’est un truc perso…

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Entre 2 prises Pettito fait le gol avec son Single Action Army

 

Pettito sait se montrer conforme au vieil adage : « Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un flingue chargé et ceux qui creusent ». Lui il creuse, et deux fois plutôt qu’une ! Sa propre tombe si on le lui demande gentiment ! Et sans envoyer traîtreusement de pelletée de gravats à la figure ! Mais attention gare au choc en retour, à la subite détente reptilienne… « Can he kill ? Only when necessary and it’s always necessary ! »

The Stranger Returns : l’histoire d’une diligence fatiguée qui, sous ses boiseries vermoulues, était toute de métal précieux. « Sous les pavés, la plage ! » disaient les utopistes de mai 68. « Sous les planches, l’or massif ! » disent les bandits en démantelant la vieille malle-poste… Cette trouvaille géniale de la gold stagecoach à revêtement cheap (si excitante pour l’imagination et qu’on peut sans trop se tromper imputer à Pettito) me rappelle, dans sa pagode de Bangkok, un super Bouddha moulé : 5 tonnes d’or enduites de stuc par les moines qui voulaient cacher sa valeur !

Voyons un peu de quoi est fait le gang d’indélicats capteur de la précieuse Wells Fargo. Ils sont tous assez standard mais on en remarque deux bien prononcés : En Plein (l’excellent Dan Vadis) pointu à la winchester (il fait sauter à vingt-cinq mètres le soutien-gorge d’une péone !) et Chrysler (Raf Baldassare) à la longue langue lubrique…

Pettito, qui a pris l’identité d’un U.S. postal inspector retrouvé en nénuphar flasque dans un abreuvoir, entreprend de traquer (assez flegmatiquement au début) ce tas de desperados.

S’il est vrai que l’habit ne fait pas le moine, souvent le gun transfigure le gone. Une fois uni par un prédicateur zazou (Marco Guglielmi) à Big Mariette, la machine gun à quatre canons tournants (à côté de sa puissance de feu l’Enfer paraît de glace !), Pettito va accomplir des prodiges balistiques réduisant au final les voleurs en lemon marmalade.

Désormais Big Mariette ne le quittera plus, steampunkisée toujours plus fort au fil des opus. Dans Get Mean (1976), avec son improbable frontgriff et son bloc canons courtaud, Big Mariette apparaît comme l’anticipation manifeste de Big Baby la poivrière de Hellboy.

On se souvient du final sublime de Get Mean quand Pettito part au combat, résolu et mélancolique, enguirlandé de bâtons de dynamite à la manière d’un sapin de Noël : « The only way to fight is... get mean ! » Et il éclate d’un coup de sa Mariette la lourde blindée de Lloyd Battista !

Pas trop de glaucosités, de cul morbide dans The Stranger Returns. Sang et sperme n’y sont pas brassés complaisamment comme dans les pires deadly spaghs. On assiste pourtant à un viol, mais elliptique et qui a le mérite de révéler l’organe préhensile amusant de Baldassare ! Quant au gag à teneur érotique light où Pettito tombe au chevet d’une dame dénudée - xcuse me mam ! - il appartient au registre plaisant de la farce.

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Dans ce même registre, le film recèle un morceau de haulte graysse unanimement célébré par les spagueux. Rien que pour le plaisir de l’assonance, je le désignerai comme le balthazar de Baldassare encore que balthazar soye un bien grand mot pour qualifier la collation de viandes froides en question. Pettito va s’inviter à table et, en dépit des gesticulations et des effets de langue démoniaques de Rafie, le sécher d’un tour de son moulin à épices quadruple charge.

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Il est de bon ton, chez les intellos en peau de lapin toujours à l’Ouest, de prêter à Pettito un jeu et un charisme de plante potagère. Rien de plus faux. Non seulement c’est un acteur de dimension shakespearienne (comme son ami Lloyd Battista) capable d’insuffler humour et émotion dans les schémas les plus saugrenus, mais c’est aussi un physique exempt de doublure lorsqu’on en vient à le pendre par les pieds !

À quand chez nous une édition collector soignée de la Tétralogie du Stranger ?