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15/04/2015

MITROPHANE CRAPOUSSIN

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Février 1889, la rédaction du Décadent est en liesse, Mitrophane Crapoussin, le maître « admirabonde », ni contrit ni butor, est devenu contributor :

Toi, la Pudibonde, sans nulle

Macule, j’ouvre la lunule

Des Ostensoirs où tu splendis !

Versification damasquinée sans pareille, ciselures de stylisticien virtuose. On le retrouve encore dans deux livraisons de la revue d’Anatole Baju, puis il disparaît ressaisi d’errance.

Voici Au café (une de ses pièces les plus abouties intitulée à l’origine Vampirio et parue dans Le Décadent n°30) :

Épandant comme un goût d’Ylang-Ylang fugace,

Il ostente ses clairs bijoux et l’éclatant

Plastron immaculé qui l’illustre d’autant

Assis qu’il est, ce soir, au frais sur la terrasse.

Le gaz joue en reflets alternés sur sa face

De cire blanche, efféminée, où, nonobstant,

L’ébène impollué des moustaches se trace,

Et lui confère on ne sait quoi d’inquiétant.

Il dévisage un gros monsieur qui se pavane

Alors qu’à son collet, molle et tiède, se fane

Une fleur qu’il eût mieux valu ne pas cueillir.

Et, tout en éructant le ciel bleu d’un havane,

Il se délecte à voir, en secret, tressaillir

Le gros monsieur qui se pavane avec sa canne.

Crapoussin est en tous points semblable à un astre dichotome, une face claire l’autre obscurcie. Catholique monarchiste impétueux dans L’Écho des Vallées, il est aussi des groupuscules artistiques les plus pâteux et gagaïstes de son temps : Vilains Bonhommes, Zutistes, Hydropathes, Hirsutes, Frédé et son âne Lolo

Est-ce une coïncidence ? En 1890, l’année du brevet Jacques Rouchouse pour son pistolet à répétition, on retrouve la trace du maître admirabonde, dans les échos à la poudre enfumante du Mercure de France : « En librairie prochainement Sur le Lotus de Mitrophane Crapoussin, recueil de poésies dont notre collaborateur Laurent Tailhade fut naguère autorisé à extraire la ballade qu’il nous a donnée. » La ballade en question, c’est l’art crapoussinesque dans son registre le plus breughélien :

Croûtelevés et marmiteux

De Nevers, de Chartre ou de Tulle,

Spatalocinèdes piteux

Couverts de gale et de pustule,

Ce bourgeois qui récapitule,

– Étant ladre mais folichon –

Le quantum de votre sportule,

C’est de la viande de cochon.

Certains prétendent que Crapoussin est un mythe, qu’il n’a jamais existé, qu’en vérité c’était Laurent Tailhade. Il est vrai qu’ils se ressemblent comme des frères jumeaux et qu’on peut les confondre : pareillement experts en décadisme et contorsion linguale, tous deux duellistes redoutables semant à l’occasion leurs membres sur le pré… Mais Jean Lorrain et Long Playing de Brinn’gaubast affirment avoir rencontré le maître admirabonde en personne, alors ?

En 1914, à soixante berges, borgne et manchot, Mitrophane Crapoussin se portera volontaire pour partir au front. Il déclarera crânement aux journalistes éberlués qu’être anar n’empêche pas d’être patriote.

08/02/2015

LE CARNET DE CROBARDS À FLINGO

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1966 : les Standells en eau trouble

22/01/2015

UNE FOIS J’AI ÉTÉ CHARLIE…

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Au début des années 80, dans Charlie mensuel, quand Willem avait illustré son édito avec un de mes dessins…

17/11/2014

NANNY BLÉDINA

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Une pub rétro signée Flingo : big boobs & p’tit négro !

0n se souvient de la chanson de Pierre Vassiliu :

Un jour pendant la tétée trouvant la nounou un peu plate

Il lui souffla dans les nénés jusqu’à c’que la nounou éclate

Là y a pas lieu.

28/10/2014

TINTIN X-RATED

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Du temps béni où je grattais avec zèle dans l’administration fiscale, entre deux contrôles, je faisais des dessins érotiques pour dérider mes collègues.

Aujourd’hui, soucieux de participer à l’effort de décadence national mené avec le succès qu’on sait par nos dirigeants socialistes, j’entreprends la publication partielle desdits dessins là : http://lemusardeur.hautetfort.com/

À titre d’échantillons, voici deux Tintin à caractère soft porn bien prononcé. Pourvu que ça ne choque personne ! Mais bah, en ces temps anti-cathos primaires où Sade devient le maître à penser officiel, où un petit ministre de l’économie se croit mariol parce qu’il cite Wilde la pédale, on se demande bien ce qui peut encore choquer. Flingobis peut-être ? Ha ! Ha ! De telles œuvres de jeunesse m’apparaissent aujourd’hui plaisantes du seul point de vue de l’Art. Mi-ange mi-démon je confesse être resté, je veille toutefois à ne plus laisser la part trop belle au Devil

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20/07/2014

FLINGOBIS FAIT SA BD...

flingo - Copie.JPGNon ce n’est pas Ted Mishkin avec Waldo mais votre Flingo qui, nonobstant son âge désormais canonique et sa santé qui lâche, poursuit une BD flibustière inspirée par son Fox revêche. Avant-goût là : http://lemusardeur.hautetfort.com/

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29/05/2014

IL Y A 85 ANS NAISSAIT LE SHADOW…

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Le Shadow, le justicier ricanant,

 

une figure parmi les plus singulières de l’imaginaire américain…

 

 

C’est hic et nunc :

http://lemusardeur.hautetfort.com/

27/05/2014

CYRANO...

CYRANO (est secoué d'un grand frisson et se lève brusquement) : Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !

(On veut s'élancer vers lui)

Ne me soutenez pas ! Personne !

(Il va s'adosser à l'arbre)

Rien que l'arbre !

(Silence)

Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,

Ganté de plomb !

(Il se raidit)

Oh ! mais !... puisqu'elle est en chemin,

Je l'attendrai debout,

(Il tire l'épée)

et l'épée à la main !

 

LE BRET :

Cyrano !

 

ROXANE (défaillante) :

Cyrano !

(Tous reculent épouvantés)

 

CYRANO :

Je crois qu'elle regarde... Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !

(Il lève son épée)

Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !

Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !

Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !

Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là ! Vous êtes mille ?

Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !

Le Mensonge ?

(Il frappe de son épée le vide)

Tiens, tiens ! Ha ! Ha ! les compromis,

Les préjugés, les lâchetés !...

(Il frappe)

Que je pactise ?

Jamais, jamais ! Ah ! te voilà, toi, la Sottise !

Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;

N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !

(Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant)

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !

Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose

Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,

Mon salut balaiera largement le seuil bleu,

Quelque chose que sans un pli, sans une tache,

J'emporte malgré vous,

(Il s'élance l'épée haute)

et c'est...

(L'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau)

ROXANE (se penchant sur lui et lui baisant le front) :

C'est ?...

CYRANO (rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant) : Mon panache.

RIDEAU

 

cyrano de bergerac,edmond rostand,acte v,scène 6

12/01/2014

TU SERAS UN HOMME, MON FILS

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire

Tu seras un homme, mon fils.

 

Rudyard Kipling

03/12/2013

« ON M’ACCABLE PARCE QUE JE SUIS RAFFINÉ… »