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24/05/2014

HONKYTONK MAN

C’est toujours avec la même émotion que je revois Honkytonk Man (1982), le plus beau peut-être, le plus poignant en tout cas (avec Gran Torino) des films réalisés par Clint Eastwood, qui, avec comme toile de fond l’Amérique rurale en crise des années 30, parle de quelque chose de mystérieux et de précieux : la création artistique lorsqu’elle s’adorne de profondeur.

Pourtant, en fait de création, on est loin ici (et c’est tant mieux !) de la soi-disant grandeur, de la magnificence d’un Mozart ! Il ne s’agit que de l’écriture de chansonnettes pour beuglants par un ivrogne tubard, Red Stovall (Clint Eastwood).

Red Stovall a du talent, c’est indéniable, peut-être même du génie. Avec sa fidèle Gibson, il sait faire guincher son monde dans les bastringues de l’Oklahoma et de l’Arkansas. (Il peut même taper à l’occasion le boogie chez les Blacks !) Mais son tempérament de bellâtre erratique, le temps perdu aux amourettes de pacotille, son goût irrépressible pour le whiskey de contrebande, ont nui tout autant que la maladie à l’avancement de sa carrière. À cinquante ans passés, son audience reste limitée, et il est là toujours à tirer le diable par la queue !

Seul soutien dans les tribulations : son neveu Whit (Kyle Eastwood) qui l’accompagne en tout lieu et veille sur lui comme une mère poule. Voyez l’air attentif de ce kid déluré à la Jackie Coogan, sa mine inquiète lorsque l’incorrigible tonton s’apprête de nouveau à barrer en vrille. Il l’assistera jusqu’au bout, jusqu’à la session miraculeuse qui voit enfin Stovall enregistrer son grand œuvre. Défaillant en fin de bobineau, le honkytonk man trouvera comme Notre-Seigneur le renfort d’un Simon de Cyrène (Marty Robbins) pour boucler son chemin de croix.

 

Commentaires

Ce papier est vraiment à l'unisson avec le film de Clint : un tableau tendre mais sans fioriture de l'homme artiste.
Dans la vie, on attend souvent un Simon de Cyrène, mais en vain...

Écrit par : Anaïs | 24/05/2014

Simon de Cyrène les Romains lui ont un peu forcé la main, il a pas aidé Jésus spontanément. Je crois qu’au fond je préfère Smoky le personnage du film joué par Marty Robbins. Il a une réelle compassion pour Clint, mais c’est normal, ils sont tous les deux musiciens, c’est l’esprit corporatiste…

Écrit par : Flingobis | 25/05/2014

Les commentaires sont fermés.