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19/10/2013

DEAD IN TOMBSTONE

Bon, je le dis tout de suite quitte à passer pour fétichiste : la star de ce movie pas mauviette, tourné dans les Carpates pas carpette, n’est ni Mickey ni même Trejo. Sa vedette incontestable (à l’instar du MM-1 dans Les Chiens de Guerre) est une arme d’exception, une splendeur de pétard mexicain qu’on peut nommer sans trop extrapoler le Trejo machine pistol (quasi full auto à trois tubes !) En fait, il s’agit d’un révolver modèle grand luxe, finition gravée, plaquettes en gutta-percha, en provenance du Chiapas et de fabrication ultra confidentielle. Sa configue est spéciale. À chaque fraction de tour du barillet s’amènent dans l’axe des trois canons disposés en trèfle trois chambres disposées itou, une triple charge de valdas percute alors d’un coup ! La légende veut, normal, que seul Trejo ait le pouvoir de dissocier l’ensemble canon-carcasse du Trejo machine pistol en tirant sur la clavette avec les dents, genre Tuco chez l’armurier voyez ?

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Depuis Pitof, je croyais que Lucifer tenait son ardente boutique dans les entrailles numériques d’une soufflerie de verre à Paris du temps de Vidocq. Mais non ! Roel Reiné rappelle que le Diable est yankee avec un feutre à larges bords comme dans les vernis mous de Félicien Rops. Il a la tronche grêlée et chafouine de Mickey Rourke, il est rond et dentu comme un barbotin, sa graisse est jaune comme celle du confit d’oie. Et il crèche vissé profond sous la dalle à Tombstone...

Trejo (comme un lion du cirque Zavatta qui passe à travers les anneaux de feu) tombe en piqué à ses petits petons fourchus par la spirale des neuf cercles de l’Enfer. Trejo est un honnête bandit tué par les siens. Le voilà échoué au plus profond de l’antre du Rourky qui va tisonnant magnifique...

Le Grand Mariole, on le sait, se plaît aux signes distinctifs. Ils lui permettent de mieux tout embrouiller. Lui qui a tramé la chute des rois arbore à présent un abdomen cyniquement fleurdelisé. Il va marquer Trejo du sceau de la Bête, au fer rouge grésillant, comme une vache texane. (On pense à Jonah Hex !) Et rien que pour le fun, le dépiauter dans la foulée de quelques lambeaux de bidoche... Mais Trejo n’est pas un demi-sel. Il ose un deal avec le Diable : « Tu me laisses retourner vivant à Tombstone et je te ramène sous 24 heures l’âme et la carne des bâtards qui m’ont trahi ! »

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Marché conclus. En vérité, le Diable n’a pas besoin de ses services. Les âmes pelées d’Edward Akrout et Cie lui sont déjà gagnées. Il veut juste s’amuser un peu aux dépens d’un vieux pistoléro qui se signe dévotement à l’église…

Pour s’arracher du dernier sous-sol, Trejo n’a pas à ramper sur son dos velu au risque de se prendre les pieds dans sa tresse arapaho. (Je note que Lucifer a la même pilosité jaune filasse que l’ogre dessiné par Sandro Angiolini dans les Roico de mon enfance !) Non, il remonte l’entonnoir infernal comme un ludion furax et fait voler en mottes son tertre funéraire ! (Ha ! Ha ! very slimy ! Tomas Milian te revoici ou presque !)

À partir de là, comme chantait The Gun en 68, c’est Race with the Devil pour Trejo, un contre-la-montre sanglant que je vous raconterai la prochaine fois.

Commentaires

Clap clap clap ! Excellent ! On s'y croirait tant le style de l'écriture colle au rythme du film. La suite la suite ...

Écrit par : rategonde | 20/10/2013

Merci belle Rategonde pour vos encouragements ! :)

Écrit par : Flingobis | 20/10/2013

Obligé de reconnaître que c'est vraiment bien:-) approche originale du sujet!
A côté Western Maniac fait scolaire je dois avouer!

Écrit par : tepepa | 20/10/2013

Avec son gun, Trejo, il défouraille tellement vite que je n'ai pas repéré le calibre ? Tu sais, toi, Flingo, ce qu'avale son pétard ?

Écrit par : Souris_117 | 20/10/2013

Mate la grosseur des trous ça te donnera une idée : 6.35 chipolata pour la petite bouche, 7.62 toromorto pour les deux autres.

Écrit par : Flingobis | 21/10/2013

La 7.62 toromorto est une munition aujourd'hui obsolète, mais qui se fabrique toujours en Afrique du Sud. Comme tu vois je progresse:-)

Écrit par : tepepa | 21/10/2013

Ouais, je me doutais bien que ça ne pouvait qu'être une munition exotique.

Écrit par : Souris_117 | 21/10/2013

Pour être honnête, je n'ai pas du tout apprécier la "performance" d'Edward Akrout dans ce film pour ma part.en approchant son "univers" j'ai visionné sa bande démo, et cet "acteur" est constamment sur la même note. Il n'y a pas grande ingéniosité. Ce sont des acteurs sorti tout droit d'une pochette surprise ? C'est quoi ce casting et surtout ce script aussi peu fiable. Franchement, ces acteurs là sont sans talents, dumoins "dirigés" sans talent. Mickey Rourke reste indegnablement charismatique et sensuel. Et peu importe les rôle qu'il choisi d andosser, il reste un charme evidement à l'écran. Le reste c'est du cliché, et il n'y a de surcroît aucun humour là dedans.
M.

Écrit par : Marc | 26/10/2013

Les commentaires sont fermés.