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16/08/2012

CHANGO & SHOTGUNS

C’estoit un si grand tremblement et tapage d’espingoles qu’il sembloit que Dieu luy-même patafât.

 

La Chango est une bibine siphonnée direct de la fosse à purin et réservée aux gringos. Dans la séquence inaugurale de Desperado, Buscemi qui joue le rôle de Buscemi (comme Robledo peut jouer Robledo) écluse à la cantina une chope de ce pissat d’âne avant d’annoncer la venue punitive, en ces lieux sanieux, d’un prince noir de la milice angélique…

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Desperado (1995) est le volet central du triptyque fumant El Mariachi (inspiré de la trilogie du dollar) qui se boucle sur Il était une fois au Mexique.

Pas de message à la flan, de blabla d’assemblée générale là-dedans ! Le cinéma de Robert Rodriguez (dessinateur de Los Hooligans) est une apologie du mouvement épique, à l’opposé des gesticulations du mouvement social, des journées d’action à la gland où rien bouge. Ha ! Ha ! Chez Rodriguez tout bouge ! Et je dirais même plus, dans le cas qui nous occupe, tout bouge dans l’bouge quand Antonio Banderas voit rouge !

D’abord il arrive au comptoir avec un étui à guitare, une espèce de housse caparaçonnée qu’il trimballe aussi précieusement que Django son cercueil. Là il a même pas le temps de s’envaser une Chango Beer ! Déjà toute la vermine du secteur le tient en joue !

Alors magie s’il vous plaît : son étui à guitare (en vérité un coffre à flingues !) s’ouvre grand comme la gueule d’un hippopotame du Zimbabwe, et un Armsel Striker Shotgun Eliminator (à chargeur camembert) saute tel un farfadet dans la pogne à Tonio ! Un Rossi Overland à double canon raccourci vole aussi sec dans son autre pogne et on entre dans le vertige visuel de l’action pure : tirant au jugé, Tonio lâche sa high velocity magnum. Ça cogne aussi lourd que de la nitro-express pour chasse aux éléphants ! Les assaillants se font écharper comme des loques !

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Dessin préparatoire de Robert Rodriguez pour Desperado

 

Tonio le sombre est venu exprès dans ce mannezingue, ce débit à Chango vidange, venger sa fiancée tuée par les dealers, et ça tourne au naufrage instantané des desperados de la méduse !

Bien. Je vais pas m’endormir sur chaque pièce de sa panoplie ambulante : le spectaculaire Striker à zinzin rotatingue on l’a vu, divers PA dont un Ruger KP90 qu’il collera sur la tempe à Buscemi...

Non, deux mots quand même sur l’Overland Shotgun (parce que j’ai eu le plaisir d’en user récemment grâce à un ami !) : sans être la canardière du Jugement dernier vue dans le film, voilà une pétoire efficace, gaugée 12, faite pour le tir instinctif à faible distance, prise de visée rapide et stopping power assuré ! Manufacturé jusqu’en 1994 par Rossi, ce flingue finition gris taupe, à canons courts juxtaposés, chiens apparents et longuesse pied de bœuf, était tombé en désuétude chez les tireurs qui le considéraient aussi vintage qu’un Howdah Pistol !

Mais la mode du Cowboy Action Shooting l’a remis au goût du jour et on peut le rencontrer à nouveau sur les stands bien qu’il soye devenu une rareté, un collector classe. Ses marquages de légende apparaissent frappés sur la bande jointive et les canons :

The Overland

Amadeo Rossi SA. Made in Brasil

 12 gauge 3"

Tiens ça me donne l’occasion de rappeler que, dans El Dorado, le Duke offre un flingot de ce genre au tireur débutant Mississippi (pour qu’il s’entraîne à raser les cactus !) car quoi de plus soufflant en effet que les grosses bouches jumelles d’un shotgun calibre 12 !

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Commentaires

Finalement Desperado, c'est : scénario linéaire à la Tintin, images coups de poing, freak's guns. En résumé, une esthétique bien prononcée !

Écrit par : Puerkokillbill | 16/08/2012

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